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 News et opinions : Actualité

A propos de l’article : Della Santa V. Cave canem et hominem et caetera. Rev Med Suisse 2010;6:S30 (Quadrimed).

En France, deux informations successives et complémentaires viennent d’attirer l’attention sur la progression constante des maladies (ou infections) sexuellement transmissibles ; et tout laisse penser que le phénomène ne s’arrête pas aux frontières de l’Hexagone. La première concerne la syphilis ; la seconde les gonococcies.

Les ouvrages les plus savants ne sont pas les plus désespérants. Ainsi celui consacré au placenta humain 1 que viennent de nous adresser gracieusement les trop méconnues éditions Lavoisier. Parlant de leur livre, les auteurs expliquent qu’il s’adresse aux scientifiques intéressés par les différents aspects de la reproduction humaine : chercheurs et étudiants en biologie, en médecine humaine et vétérinaire, gynécologues-obstétriciens, sages-femmes, infirmières, pédiatres. Et ils ajoutent non sans malice : «Le public averti y trouvera également matière à réflexion» ; formule d’un autre âge qui trouve ici une vigoureuse et toute contemporaine résonance.

La comparaison des avancées thérapeutiques en fonction des pays est une source inépuisable d’enseignements. C’est tout particulièrement vrai aujourd’hui avec la publication sur le site du British Medical Journal 1 d’un travail destiné à faire date : l’étude, dans trente pays européens, des disparités concernant la mortalité du cancer du sein à partir de l’analyse rétrospective des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Rappelons que le cancer du sein est le cancer féminin le plus fréquent (1,4 million de nouveaux cas estimés en 2008) et aussi la cause la plus fréquente de décès par cancer chez les femmes. Que nous dit, pour l’essentiel, ce travail conduit sous l’égide du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et coordonné par Philippe Autier ? Tout d’abord qu’entre 1985 et 1995, la mortalité due au cancer du sein a baissé dans de nombreux pays européens sous l’effet combiné des politiques de dépistage et de l’amélioration de l’efficacité des procédures thérapeutiques. Ensuite que des disparités considérables existent selon les pays ; que la France et la Suède notamment ont mobilisé des ressources importantes en matière de dépistage et de thérapeutique sans montrer une réduction proportionnelle en termes de mortalité. Enfin que la mortalité par cancer du sein est toujours en augmentation dans plusieurs pays d’Europe centrale.

Et si j’avais été à la place de cet ami, aurais-je agi comme lui ? Si mes jours avaient été comptés comme ils l’étaient pour lui, aurais-je eu le courage de téléphoner ou d’écrire pour lui demander de venir à mon chevet ? Je n’en sais évidemment rien. Et d’ailleurs, comment peut-on se mettre à la place d’une personne qui va mourir ? Comment imaginer ce que sont les derniers jours d’une vie ? Comment concevoir que tout s’arrêtera dans quelques jours ? Le corps va disparaître. La voix va disparaître. La pensée va disparaître. A-t-on le droit de se poser ces questions ? Est-ce utile ? Je me souviens que je méditais ces sujets en m’approchant de sa chambre. Je me disais également que je n’avais sans doute été rien d’autre qu’une ombre à ses côtés puisque, les années précédentes, la vie nous avait éloignés.

La stéatohépatite non alcoolique (NASH) a un pronostic variable et touche souvent des personnes qui ont une consommation d’alcool modérée et favorable à leur santé selon des études observationnelles (par exemple les personnes souffrant de diabète ou d’hyperlipidémie). Les effets d’une consommation d’alcool modérée sur le NASH ne sont pas connus pour les humains. Afin d’avancer dans la compréhension d’effets potentiels, les chercheurs ont induit un NASH chez vingt rats soumis à un régime riche en graisses pendant six semaines ; puis la moitié des rats ont été soumis au même régime pour quatre semaines supplémentaires, alors que le régime imposé aux dix rats restants a été modifié en remplaçant 16% des calories par de l’alcool.

Sans doute n’est-ce qu’une coïncidence. Nous évoquions il y a peu (Revue médicale suisse du 25 août) les virulentes critiques formulées par un rapport officiel du Sénat français quant à la politique menée dans l’Hexagone vis-à-vis de l’acquisition des stocks vaccinaux antipandémiques. Plusieurs chapitres de ce rapport concernent l’OMS et ce qu’il est convenu de dénommer son «manque de transparence». Or, voici que quelques jours après la publication du rapport sénatorial à Paris, l’institution onusienne vient, depuis son siège de Genève, de faire connaître les noms des experts constituant le «comité d’urgence» qui l’a conseillée dans la lutte contre la dernière pandémie grippale

On aimerait bien connaître l’analyse que pourront faire les soignants en toxicomanie de ce qui se passe aujourd’hui en France ; du moins les soignants œuvrant dans les huit pays qui ont ouvert des centres où des toxicomanes sont officiellement autorisés à consommer leur drogue avec encadrement médicalisé : en Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Luxembourg, Norvège, au Pays-Bas sans oublier la Suisse. C’est à nouveau une bien triste polémique à la française, l’une de ces controverses récurrentes et brouillonnes où des considérations électoralistes font que certains ne veulent voir dans les toxicomanes que des délinquants, voire des criminels ; surtout pas des malades.

Merci | S. Hurst
«Dieu merci !» dit-on parfois lorsqu’on l’a échappé belle. Les Anglais substituent parfois «Thank goodness !» Merci à la bonté. Cette expression, reprise récemment par le philosophe Daniel Dennett pour remercier ses soignants après une opération du cœur, c’est maintenant à mon tour de la reprendre. J’ai vu ces derniers mois un grand nombre de collègues, un grand nombre d’entre vous, autour de la maladie d’une personne de ma famille. Comme médecin, comme soignant en général, on passe beaucoup de temps à vouloir faire mieux. Mais de temps en temps, il est également bon de se rappeler que notre niveau de départ n’est, disons, pas mal

Sans cesse remettre son travail sur le métier. Formule étrange, absconse autant que parlante, à laquelle nous incite régulièrement depuis trente ans le mensuel français Prescrire.a C’est tout particulièrement vrai avec sa livraison datée de juin 2010 et un dossier 1 intitulé «Réussir une injection intramusculaire» ; dossier passionnant consacré à un geste séculaire sur lequel on croit tout savoir. Un dossier qui inciterait pour un peu à vouloir en savoir plus sur l’histoire des antiques seringues et la mise au point (en France à compter du milieu du XIXe siècle) des premières aiguilles creuses taillées en biseau, alors en or ou en platine. Autant dire à usage non unique.

 

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